Cabinet des Arts graphiques

Cabinet des Arts gra­phi­ques © Les Arts Décoratifs / Luc Boegly

La salle est consacrée à la présentation par roulement de dessins et autres documents graphiques provenant des très riches fonds du département des arts graphiques et de la bibliothèque des Arts décoratifs. La présentation sera renouvelée tous les six mois, autour de thèmes permettant d’aborder différents aspects de la création dans le domaine des arts décoratifs. A chaque fois, la place centrale de la conception d’une œuvre passant du dessein au dessin puis à la réalisation sera abordée.

Consultations au cabinet des Arts graphiques les mardis et jeudis sur rendez-vous.


Dessins d’André Charles Boulle (1642-1732)
29 novembre 2011 - 15 mars 2012

Le Cabinet des Dessins propose une sélection raisonnée de vingt œuvres graphiques issues de ses collections propres et, pour partie, déjà présentée à Francfort lors de l’exposition André Charles Boulle : un nouveau style pour l’Europe en 2009.
Le profil de Boulle, très connu, mérite l’examen rapide. Son père, « menuisier en ébène », d’origine allemande établi à Paris, décelant très tôt chez lui un talent pour l’ébénisterie, décide de le former au dessin, à la sculpture en ronde bosse, à la reparure ainsi qu’à la ciselure et la dorure. Le rôle de Colbert est par la suite décisif dans le saut qualitatif d’une carrière en progression dès le tournant des années 1670 : en 1672, le « Grand Commis » lui commande des meubles, à titre personnel, puis pour le compte de l’État ; il lui décerne le titre d’ébéniste et marqueteur ordinaire du Roi ; il lui obtient un logement aux « Galleries du Louvre », où sont réunis les grands artisans et artistes du royaume. À la faveur de conditions de travail exemplaires, Boulle œuvre alors à Versailles où l’on se souvient qu’il réalise les appartements du Grand Dauphin et leur précieux Cabinet des Miroirs (1682-1683). En 1677, toujours grâce à Colbert, Boulle s’installe dans un atelier plus vaste encore où l’ouvrage collectif (pas moins de quinze compagnons y travaillent), familial aussi, est autorisé. Boulle, dessinateur, est encore marchand d’estampes et collectionneur. De fait, sa création s’inspire de sa collection de dessins et de tableaux qui compte les plus grands, de Jules Romain à Stefano Della Bella, en passant par Robert Nanteuil. La culture de Boulle, doublée d’une prodigieuse capacité de renouvellement esthétique et rendue opératoire grâce aux subventions et soutiens qui lui sont concédés, aboutissent à la novation sans précédent qu’il impose dans la conception du mobilier de la fin du XVIIe siècle : à preuve, le fameux bureau plat de Boulle, pensé dès la fin des années 1680 : le meuble, doté dans un premier mouvement, de quatre pieds en sabre et d’un tiroir central saillant, se présente, en définitive, sans caisson central, ni latéral et possède des pieds désormais remplacés par des jambes de biche, surmontées de têtes de satyre.
Cet accrochage, outre l’influence considérable de Boulle dont, une fois encore il assure la manifestation, rend hommage – au plan historiographique - aux collections matricielles du département des Arts graphiques. Effectives au début de la IIIe République grâce aux généreuses initiatives de Philippe de Chennevières, de Maurice Fenaille ou de l’incontournable Jules Maciet, elles s’enracinent aussi grâce à des acquisitions onéreuses majeures réalisées par l’Union centrale des Arts décoratifs (UCAD) : ainsi l’achat, à l’occasion de la vente Monbro en 1885, d’une partie des pièces exposées dans cet accrochage : soit, à l’origine, un album de seize planches contenant vingt projets de meubles à la plume et sanguine, alors attribués à Boulle.

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