La mode Art déco s’inscrit dans un kaléidoscope
de nouveautés : être à la mode n’est pas
seulement une question d’apparence, c’est un mode de vie.
Une minorité découvre le jazz, applaudit les Ballets
suédois, s’extasie ou critique les artistes-décorateurs,
les musiciens, les écrivains avant-gardistes, se presse au
Théâtre des Champs Elysées ou à Montparnasse.
La mode lance des vedettes et des célébrités
lancent des modes.
Les Russes hument toujours l’air de la modernité, Mistinguett
affronte l’engouement pour la Revue
Nègre, le cinéma de Marcel l’Herbier met en
scène le décor de l’Exposition de 1925. Celle-ci
a rendu ses lettres de noblesse aux arts appliqués et a signé
une sorte de charte artistique.
On épure les formes, on proclame le fonctionnel.
La mode ne s’est pas véritablement démocratisée.
Paul Poiret s’en explique dans la Gazette du bon ton en 1920:
« Elle est par nature aristocratique et, par caractère,
un peu distante. C’est sa coquetterie de ne se laisser approcher
que par un petit nombre d’adorateurs et de retarder le moment
où elle se livre à la foule ».
Cette foule, essentiellement féminine, rêve des modèles
aperçus sur les affiches, les catalogues et les revues spécialisées
illustrées par un petit groupe d’artistes qui puisent
leur inspiration dans les lieux élégants. Elle se console
en visitant les grands magasins, cercle ouvert à tous, vrai
théâtre populaire où chacun est acteur et spectateur. |