le spectacle de la publicité

   
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LA TÉLÉVISION, UN NOUVEAU MEDIA
En 1953, environ 57 000 Français achètent un poste de télévision pour suivre le couronnement de la reine Elisabeth d'Angleterre retransmis en direct le 2 juin. Avec 1,4 million de postes en 1959 et plus de 50 % du territoire desservi, la télévision s’installe massivement. À sa création, la télévision est comme la radio, financée par la redevance. Toutefois, la loi du 24 mai 1951 va autoriser la publicité collective d'intérêt national dans les émissions de radio et de télévision. C’est la publicité « compensée ».

Jusqu’en 1968, grâce à cette « brèche législative », les collectives sont avec les grandes institutions publiques (EDF, SNCF, le Gaz de France…) les seuls annonceurs à pouvoir bénéficier de ce nouveau support. On se souvient du slogan resté célèbre « on a toujours besoin de petits pois chez soi » de la collective des petits pois et de sa mascotte Pi-Piou (1966). Un décret en date du 1er octobre 1968 introduit la publicité de marques à la télévision. La Régie Française de Publicité (RFP) assure la régie sur les antennes de l'ORTF.

Le démarrage officiel de la publicité de marques à la télévision est le lundi 1er octobre 1968 entre 19h57 et 19h59. Limitée à deux minutes par jour, en 1969, son volume ne cesse d’augmenter (12 minutes en 1971) de même que son poids dans les recettes des chaînes. Les premiers spots diffusés sont pour les marques Boursin, tricots Bel, Régilait, beurre Virlux et les téléviseurs Schneider.

MAI 1968
Le 22 mars 1968, un mouvement de contestation étudiante débute à l’université de Nanterre, dont l’onde de choc se propage à l’ensemble du pays Durant ces semaines de crise, la paralysie du pays est totale, celle de l’information également : les journaux paraissent irrégulièrement, puis plus du tout, la télévision et la radio contrôlées par l’état, ne diffusent plus qu’une information filtrée. L’affiche va donc s’avérer le seul moyen de communication, d’information libre et rapide.

Elle retrouve une place privilégié en revenant à sa fonction première d’informer. Le journal mural renaît. Illustrées d’un graphisme vigoureux, concentré, dépouillé de tout artifice, ne visant qu’à l’efficacité de caricatures agressives, elles sont imprimées en sérigraphie, technique rapide et souple. L’ensemble de la production de l’ex-atelier de l’École des beaux-arts, rebaptisé Atelier populaire, est, à cet égard, représentatif. À l’entrée de l’atelier, on peut lire
« Travailler dans l’atelier populaire, c’est soutenir concrètement le grand mouvement des travailleurs en grève qui occupent leurs usines, contre le gouvernement gaulliste anti-populaire. (…) Ainsi le style bourgeois qui était en pratique a complètement disparu : les projets d’affiches faits en commun après une analyse politique des évènement de la journée ou après des discussions aux portes des usines, sont proposées démocratiquement en fin de journée en Assemblée Générale.» (paru dans La Cause du Peuple, n° 11 des 6 et 7 juin 1968).

La démission de De Gaulle en avril 1969 après l’échec de son référendum sur la régionalisation, conduit à des élections présidentielles et à l’élection de Georges Pompidou. À la suite de cette période qui marque un tournant dans les rapports politique et publicité, l’affiche politique militante et la communication « institutionnelle » des grandes parties se professionnalisent.

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