LA LITHOGRAPHIE : un procédé d'impression à plat

L'invention de la lithographie par Aloys Senefelder date de 1796. Jusque là, les procédés de gravure étaient soit en creux, soit en relief.
Dans le procédé de gravure sur bois, l'encre se dépose sur les reliefs du bois gravé, il suffit de presser la feuille de papier sur la surface pour obtenir un exemplaire imprimé.
Dans le procédé de la gravure en creux, la taille-douce, c'est le contraire, le motif est gravé dans le creux, l'encre s'y dépose et une forte pression force le papier à aller chercher l'encre dans les creux.

La lithographie procédé d'impression à plat repose sur le principe de répulsion de l'eau et de la graisse. On dessine sur une pierre calcaire non poreuse à l'eau, à l'aide d'un crayon ou d'une encre grasse dite lithographique. Les parties non dessinées sont recouvertes d'une solution de gomme arabique légèrement diluée d'acide nitrique. On laisse agir jusqu'à ce que la pierre n'émette plus de bouillonnements, on essuie et on passe une solution de gomme neutre. La graisse du crayon lithographique et le calcaire se sont combinés, formant une pellicule très adhérente délimitant les zones imprimées. Les pores de la pierre s'ouvrent sous l'action de l'acide fixant la gomme neutre qui retiendra l'eau. Après avoir laissé reposer la pierre, on lave à l'eau l'excès de gomme et à l'essence l'excès de graisse, on laisse sécher. La pierre est alors mate dans les blancs gommés et brillante dans les gras.
Pour faire les essais de tirage, on mouille la pierre, on encre le rouleau qu'on passe régulièrement sur la pierre. L'encre grasse se dépose sur les parties dessinées, grasses.
Le Manuel de la lithographie de Senefelder paraît en 1818 à Paris,
Senefelder a entretenu avec la France des relations privilégiées, en particulier avec Geoffroy Engelmann et Lasteyrie qui ont très largement contribué à la diffusion de cette nouvelle technique d'impression.


Aloys Senefelder

 

 


exemple "encre grasse"

INCIDENCES DE LA QUALITE DE LA PIERRE LITHOGRAPHIQUE SUR L'ASPECT ARTISTIQUE DE L'AFFICHE ILLUSTREE.

Pendant tout le XIXème siècle, les pierres lithographiques sont importées des carrières de la région de Munich (Solenhofen). La pierre de Bavière est la meilleure : grain très fin, mouillée elle sèche très lentement De teinte gris très clair, elle doit être sans fissure, sans cristallisation, absolument sans défaut qui marquerait au tirage.

Il y a eu différents essais pour utiliser les pierres extraites de carrières françaises, mais avec des résultats négatifs. Elles étaient trop spongieuses, présentaient de nombreuses imperfections dans leur structure, et de teinte gris foncé, elles étaient difficiles à travailler pour les dessinateurs. Seule la pierre de Chateauroux a été momentanément exploitée, mais seulement dans des petits formats.

Le problème a été d'obtenir des pierres de grandes tailles parfaitement sans défaut. Le prix est élevé, elles sont fragiles et difficiles à manipuler. Pour résister à la pression mécanique, elles sont consolidées par un doublage avec une mauvaise pierre collée. On cherche des substituts,

Peu à peu la pierre sera remplacée par le zinc, toutefois il faut noter que certaines imprimeries continueront d'imprimer sur pierre jusqu'à la veille de la Seconde Guerre Mondiale.
Les affiches sont de plus en plus grandes, le maniement des grandes pierres compliqué (une pierre 120 x 160 pèse 350 kilos).

Le zinc présente de nombreux avantages : l'artiste peut dessiner chez lui, sur son chevalet ; il coûte 16 fois moins cher que la pierre et pèse 70 fois moins lourd.

ORGANISATION SOMMAIRE DE L'ATELIER LITHOGRAPHIQUE

L'atelier des écrivains-lithographes
Les lithographes y sont spécialisés dans le dessin de la lettre (pour le papier à lettres aussi bien que pour l'affiche).

L'atelier des dessinateurs
Les lithographes sont répartis selon leurs capacités et leurs formations (dessin au crayon, chromiste, teintiers, etc.), mais ils ont tous une formation complète acquise au cours d'un long apprentissage d'environ sept ans. A. Lemercier précise à ce propos que " tous les apprentis doivent en plus suivre le soir un cours de dessin afin de mieux comprendre le travail exécuté par l'artiste et ce qu'il faut faire pour obtenir un bon résultat ".

Les reporteurs

Les conducteurs -lithographes des presses.


atelier dessin
LE CHOIX DES MACHINES

La presse lithographique plate est peu à peu remplacée par la rotative.
La vitesse du tirage est limitée à 700/800 exemplaires à l'heure.

La presse rotative présente des avantages tant sur le plan technique que sur le plan artistique :

· la plaque de métal portant le dessin est fixée sur un rouleau, qui imprime sur un second rouleau portant un caoutchouc qui décalque le dessin sur un 3ème rouleau supportant la feuille de papier. Ce perfectionnement permet d'imprimer sur des papiers rugueux, le papier des affiches en particulier, en général de médiocre qualité et peu résistant. On peut faire jusqu'à 3000 exemplaires à l'heure.

L'artiste fait tout le dessin à l'endroit, y compris la lettre, puisqu'il y a inversion sur le caoutchouc et non sur le papier directement.


presse plate


presse rotative

COMMENT FAIRE UN TIRAGE LITHOGRAPHIQUE EN COULEUR

1 - Le grainage
La pierre, le zinc et l'aluminium ont besoin d'être grainés c'est-à-dire qu'il faut créer une surface qui va retenir l'eau, donc ne prenant pas l'encre grasse au tirage.
La pierre est grainée avec du sablon, on frotte deux pierres l'une contre l'autre pour user les surfaces régulièrement.

2 - Le faux- trait
Après avoir terminé la maquette de son affiche, l'artiste détermine, en les entourant, en les contournant par un jeu de hachures, de repères toutes les parties du sujet où devront s'arrêter les couleurs. Cette opération se fait sur un papier végétal très transparent posé sur la maquette.
Ce dessin " décalqué " sur le papier est transféré sur les plaques de zinc ou sur la pierre, on fait autant d'épreuves qu'il y a de couleurs.

3 - Impression de l'affiche en quatre couleurs (jaune, rouge, bleu, noir)
Le tirage commence toujours par le jaune qui est la couleur la plus couvrante.
Une même couleur peut être imprimée en plusieurs tons ou gradués. Par exemple le jaune peut être foncé en bas de l'affiche, moyen dans le milieu et clair dans le haut, il suffit de régler l'encrier. On peut ainsi obtenir une grande variété de tons par superpositions.
Puis on passe le rouge, le bleu et le noir. A chaque changement de couleurs le conducteur repère la mise en place des couleurs précédentes avec la suivante et la soumet à l'artiste. Le noir, passé en dernier, va donner relief et modelé à la composition.

 



graineur

 

 

 

 

 

 


cadre à repérer