Ça trompe énormément

Suivant Précédent
Lark Mirror (Hysteria)

Karen Lamonte, née en 1967, Etats-Unis, vit et travaille à Prague République tchèque, 2008
Verre moulé et sablé, transfert photographique
Don Thomas Day Newbold, 2009, inv. 2009.140.1
© Les Arts Décoratifs / Photo : Jean Tholance

Lark Mirror (Hysteria) n’est pas un miroir en verre mais une sculpture réalisée en 2008 à partir du moulage en verre d’un miroir à main du début du XXe siècle. Collecté par l’artiste à la braderie de Lille, l’objet original a été moulé en verre translucide, légèrement gris. Dans la zone réfléchissante de l’objet original, le miroir à proprement parler, l’artiste a fixé, par une technique de microsablage, une apparition fantomatique et fantasmatique. Il s’agit d’un portrait photographique d’une des patientes hystériques du docteur Charcot à La Salpetrière. à première vue, l’objet a l’air début de siècle, mais il balance entre début XXe, pour sa forme, et début XXIe pour sa réalité conceptuelle et matérielle. Il parait fonctionnel mais en réalité il est plus près des miroirs magiques des contes et, au lieu d’un reflet du réel, nous donne une présence de l’imaginaire. Symptôme, hallucination, illusion se rencontrent dans cette proposition d’une artiste américaine vivant et travaillant à Prague depuis1998. Elle a donné à la série d’objets réalisés sur cette même idée le titre générique de Lark Mirror, c’est-à- dire en français « miroir aux alouettes » : un dispositif trompeur par excellence, un piège et une technique de chasse leurrant les oiseaux. Le miroir à main, objet de toilette féminin, outil de séduction, est ici décrypté par l’artiste comme un piège qui fascine et qui trompe.

Plan du site   Flux RSS   Contacts   ©   Crédits
Ministère de la Culture     Les Arts Décoratifs 107, rue de Rivoli 75001 Paris - tél. : 01 44 55 57 50