Optique hypnotique

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Anamorphose l’Europe

Elias Baeck (1679-1747)
Allemagne, 1740
Aquarelle, gouache noire sur papier
Don James Hyde, 1940, inv. CD 2699

Jeu optique imaginé à la Renaissance, l’anamorphose résulte de recherches scientifiques menées sur la perception optique et sur la mise au point de la perspective. Du grec ana (en remontant, marquant le retour vers) et morphé (forme), le mot anamorphose apparaît au XVIIe siècle et est défini dans l’article consacré aux perspectives difformes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751) comme une « projection monstrueuse » ou une « représentation défigurée de quelque image ». Les anamorphoses posent depuis la Renaissance la question de l’apparence et de la réalité. Une des plus célèbres est celle peinte par Holbein dans Les Ambassadeurs (Londres, National Gallery). Les aquarelles d’ Elias Baeck représentent la personnification des continents sous forme d’anamorphoses. Elles nécessitent – ce qui n’est pas toujours le cas – un instrument permettant d’appréhender sa présentation optique, le miroir. Utilisé sous forme de cylindre, il recompose l’image qui devient plus lisible. Les intentions de l’anamorphose sont variées : simple divertissement optique, pur exercice de virtuosité formelle, elle peut aussi déguiser des scènes équivoques, voire dissimuler un sujet.

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