Cousu de fil blanc

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Combinaison

Vivienne Westwood, depuis 1971
Londres, collection prêt-à-porter automne-hiver, 1989
Collection Voyage à Cythère
Jersey de coton et Lycra, application de miroir coloré découpé
Achat grâce au mécénat de Mrs. Jayne Wrightsman, 2001, inv. 2001.133.6.1
© Les Arts Décoratifs / Photo : Jean Tholance

Les années 1980 réinventent le culte du corps, cherchent à dépasser ses limites et à en modifier les formes, notamment par la pratique du stretching ou de la musculation. Parallèlement, l’utilisation devenue courante du Lycra (marque commerciale de la nouvelle fibre d’élasthanne extensible) donne lieu à des créations où la matière textile se fait « seconde peau ». En 1989, Vivienne Westwood, dans sa collection Voyage pour Cythère, présente un modèle où la maille stretch rivalise avec l’élasticité et la carnation de l’épiderme et, paradoxe extrême pour un vêtement, va jusqu’à parodier la nudité. Au même moment, Jean Paul Gaultier, styliste qui revendique le décalage, crée des corsets couleur chair à porter non pas dessous mais dessus. Dans le même esprit, en 1994, lors de son défilé Piercings et tatouages, les mannequins exhibent des motifs imprimés sur tulle stretch donnant l’illusion d’être gravés pour toujours sur leur peau. Le créateur anversois Walter Van Beirendonck, sous le label W.&L.T., joue lui aussi sur l’image du corps avec un humour décapant. Il brouille les pistes et se joue des canons de la beauté classique, des codes de la virilité et de la notion de genre. Aujourd’hui, la haute couture, notamment la maison Chanel, lance des lignes de décalcomanies, bijoux de corps éphémères ou tatouages pour un soir, baptisées « Les Trompe-l’œil ».

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