L'Art nouveau

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Vase « Mont Fuji »

François-Eugène Rousseau, vers 1884
Verre jade, soufflé, doublé et gravé à la roue
H.20 cm
Inv. 629, acquis de l’artiste
© Les Arts Décoratifs / Jean Tholance

En 1885, c’est-à-dire peu de temps après sa fabrication, ce vase fut acquis par le musée des Arts décoratifs, l’année même où Eugène Rousseau s’associait avec Ernest Léveillé qu’il devait initier à son art.

Le marchand-éditeur Eugène Rousseau qui peut être considéré comme un des plus importants révélateurs du japonisme à Paris, mêle ici avec une grande liberté les sources japonaises et chinoises. La matière même du vert-jade emprunte son aspect aux pierres dures chinoises ou imite le « verre de Pékin », verre opaque utilisé au

XVIIIe siècle par les Chinois pour réaliser les petits flacons-tabatières pansus.

Mais c’est au Japon, notamment à certaines poteries, que ce vase doit l’irrégularité de son embouchure, résultant du travail à chaud.

C’est aussi de l’iconographie japonaise la plus traditionnelle que viennent, d’un côté la vision du Mont Fuji ceinturé d’une frise de petits nuages ronds et de l’autre, l’apparition du soleil levant au-delà d’un bois de pins sommairement silhouettés, autant d’images retenues d’un dessin sur double page du livre VII de la Manga d’Hokusai.

Le contraste opéré par le travail à la roue, d’un fond agate retrouvé au delà de la flamboyante couche orangée, témoigne de ce « plaisir des yeux par la splendeur du coloris » que recherchait avant tout Eugène Rousseau, au dire de Jules Henrivaux.

J.D.P.

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