L'Art nouveau

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Vase « La Carpe »

Emile Gallé (1846-1904)
Paris, Exposition universelle de 1878
Verre dit « clair de lune », soufflé-moulé, émaillé
Achat à l’artiste, 1879
Inv. A 86
© ADAGP / Jean Tholance

C’est au cours des années 1870 que Gallé se familiarisa avec l’estampe japonaise ; plus tard en 1885, il fit la connaissance du japonais Takacyma, étudiant en botanique à l’Université de Nancy, mais dès 1882, parmi les &laqno; commandements » que Gallé se donnait figurait déjà celui de ne « japoniser aucunement » ! Le répertoire d’images japonaises le plus consulté restait, depuis son utilisation par Bracquemond pour le fameux service commandé par Eugène Rousseau, la Manga d’Hokusai (quinze recueils de dessins). Et l’énorme carpe figurée ici n’est autre que celle qui porte la déesse Kwannon, telle qu’on la trouve sur une double page du livre XIII de la Manga, motif également utilisé, mais en sens inverse, par Eugène Rousseau sur un vase conservé à Baltimore.

Le vase « La Carpe » fut acquis par le musée des Arts décoratifs à l’Exposition Universelle de 1878, l’année même où il fut créé. Gallé venait alors de mettre au point le verre « clair de lune » qui doit son nom au ton de saphir obtenu par l’adjonction d’oxyde de cobalt. Les côtes torses du verre s’accordant au mouvement onduleux de la carpe donne l’illusion de l’eau mouvante et les taches d’émail bleu vif en sont comme autant d’éclaboussures. On sent à travers l’eau, les écailles luisantes du poisson tandis qu’au revers du vase, se développe en surface et en profondeur la flore aquatique. Naturalisme et stylisation sont également saisissants dans ce premier grand chef-d’œuvre réalisé un an après qu’Emile Gallé ait pris la direction de l’entreprise familiale.

J.D.P

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